Le projet Opquast, bonnes pratiques et qualité Web
Article écrit en juillet 2007, Sébastien Delorme, magazine PHPSolutions.
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Face à un ordinateur, l'utilisateur est le seul maître à bord. Il est capital de pouvoir répondre à ses attentes en lui offrant un service propre, soigné et agréable d'utilisation. Cette qualité passe par l'étude de plusieurs domaines dont la sécurité, l'accessibilité et l'ergonomie des sites Web. Les travaux du projet Opquast vont dans ce sens et permettent de faciliter l'évaluation et l'amélioration de la qualité.
Figure 1. Projet Opquast (le logo Opquast est la propriété exclusive d'Opquast)
Cet article explique :
- L'intérêt du projet Opquast et de ses bonnes pratiques pour l'amélioration de la qualité des services en ligne.
- Comment mettre en application quelques bonnes pratiques avec PHP.
- Comment utiliser l'outil en ligne Mon Opquast.
Ce qu'il faut savoir :
- Disposer de bases dans le développement de sites Web.
- Avoir quelques notions en HTML.
Sommaire
La qualité Web
La recherche de l'amélioration de la qualité est depuis le milieu du vingtième siècle un processus clé pour la plupart des secteurs comme le secteur industriel, informatique ou celui des services. C'est donc en toute logique, avec un Web un peu plus mature désormais, que l'on voit apparaître cette notion de Qualité Web qui commence à faire son chemin et à prendre de l'ampleur. Sur la toile, un site de qualité peut être vu selon votre profil comme un site bien référencé, agréable à regarder ou encore codé proprement. L'un ou l'autre de ces critères ne sont que des réponses partielles à la qualité, l'important étant au final de satisfaire l'expérience de l'utilisateur.
Comment alors produire un site de qualité ? La tâche peut s'avérer relativement délicate au vue du nombre de champs à couvrir avec entre autres : le référencement, la sécurité, l'accessibilité, ... C'est là qu'intervient le projet Opquast (Open Quality Standards). A son origine, Élie Sloïm, qualiticien, gérant de la société Temesis et Fabrice Bonny, co-fondateur d'OpenWeb (site de promotion des standards Web). Leur but est clair : faciliter l'évaluation et l'amélioration de la qualité des services en ligne. Ils travaillent alors, entourés de plusieurs collaborateurs de différents milieux professionnels afin de publier une liste de bonnes pratiques. Un premier référentiel est mis en ligne et ouvert à discussion auprès du public afin d'impliquer le plus grand nombre dans l'élaboration de ces critères de qualité. L'idée suscite alors un fort intérêt et le projet reçoit un grand nombre de retours de la part des internautes engagés dans le développement Web. C'est enfin en septembre 2004 qu'est publiée une première version de la liste Opquast comprenant 153 bonnes pratiques. Il suivra la sortie d'un outil d'aide à l'évaluation de la qualité, Mon Opquast, dont une seconde version vient d'être lancée en fin d'année 2006.
Les bonnes pratiques
Liste des bonnes pratiques
Retrouvez les bonnes pratiques sur le Web :
- http://opquast.com/bonnes-pratiques/ – Liste officielle (première version),
- http://opquast.org/atelier/index.php/Special:ToutLAtelier – Liste en discussion.
Présentation
Les 153 bonnes pratiques officielles ont été mises au point et validées avec la communauté de travail Opquast. Elles sont numérotées et possèdent un libellé relativement court et explicite. On retrouve toutes sortes de recommandations, certaines d'ordre technique (bonne pratique n°13: Le serveur envoie l'indication de la langue principale du contenu), d'autres concernent par exemple le contenu (bonne pratique n°38 : Les champs obligatoires des formulaires sont indiqués). Quoiqu'il en soit, et il s'agit de critères primordiaux pour l'équipe Opquast, toutes les bonnes pratiques doivent être réalistes, vérifiables et répandues au niveau international.
Un grand nombre de personnes et de projets peuvent être concernés par ces bonnes pratiques allant du webmestre amateur soucieux d'offrir le meilleur à ses lecteurs aux professionnels de la création Web qui désirent offrir un service de qualité à leurs clients. Depuis fin 2006, afin d'élargir l'éventail des personnes concernées, les travaux d'Opquast sont proposés en français et en anglais. Il est à noter que le référentiel des bonnes pratiques Opquast est encore aujourd'hui un service unique sur la toile.
Chaque bonne pratique décerne un objectif particulier et permet, si elle appliquée, d'améliorer la qualité globale
d'un site à travers un ou plusieurs axes. Certains critères Opquast visent à travailler l'accessibilité d'un site
et ainsi permettre au plus grand nombre l'accès à un service en ligne. En effet, l'usage d'une application peut-être
perturbée voire impossible en fonction des profils d'utilisateurs ou du type de matériel utilisé. Certaines personnes
handicapées ont besoin de matériels ou périphériques spécifiques pour naviguer sur le Web, d'autres utilisent des
connexions bas débits ou se connectent via un téléphone portable, ... Ces différents cas de figures tendent, la plupart
du temps, à rendre la navigation beaucoup plus complexe qu'elle ne l'avait été initialement prévue. Il est difficile de
produire un site avec un bon niveau d'accessibilité sans travailler le sujet en temps soit peu. Les bonnes Opquast
fournissent ici quelques bases permettant de commencer à prendre en compte l'accessibilité pour améliorer la qualité
d'un service et pourquoi par la suite s'intéresser d'avantage à cette problématique (plus de renseignements à ce propos
sur le site du centre de ressources et de recherche sur l'accessibilité du Web :
http://accessiweb.org/). A titre d'exemple, prenons la première bonne
pratique : le contenu alternatif de toutes les images est correctement indiqué. Il s'agit d'un critère s'appliquant
sur la balise HTML <img> d'une
page Web. La fiche de cette bonne pratique contient plusieurs informations dont, entre autres, ses objectifs principaux.
Ainsi le respect de cette recommandation permettra la navigation et la consultation d'une page sans image ceci pour l'amélioration
de l'accessibilité envers les personnes utilisant des navigateurs vocaux ou braille. Cette bonne pratique favorisera également
le référencement en fournissant du contenu textuel supplémentaire aux moteurs de recherche (cf. Tableau 1: fiche bonne pratique n°1).
La force du projet Opquast est de s'intéresser à un grand nombre d'axes comme celui-ci pour chercher à atteindre la qualité des services en ligne et au passage sensibiliser à différentes problématiques. Tout comme l'accessibilité, les bonnes pratiques abordent différents thèmes tout autant variés et importants les uns que les autres comme la sécurité, la navigation, les systèmes de paiements, l'internationalisation, etc.
Faire usage des bonnes pratiques
| Rubrique | Accessibilité |
| Numéro | 1 |
| Libellé | Le contenu alternatif de toutes les images est correctement indiqué. |
| Objectifs |
|
| Solutions techniques possibles |
L'attribut
|
| Moyens de contrôle |
Tester avec un validateur d'accessibilité : et un navigateur textuel ou un simulateur : |
Les bonnes pratiques Opquast sont réparties en trois niveaux qui permettent une étude et une amélioration progressive de la qualité d'un service en ligne. Pour poursuivre avec notre exemple, la première bonne pratique est de niveau 1 (cf. Table 1), elle constitue un critère minimum à l'approche d'une bonne qualité de service. Opquast définit ces niveaux ainsi :
- le niveau 1 correspond à un niveau de qualité minimum exigible mais non suffisant. Ces bonnes pratiques permettent de régler les principaux défauts d'un service en ligne. L'accession à ce niveau nécessite une quantité de travail raisonnable pour un résultat immédiat,
- le niveau 2 correspond à un niveau que tout site Internet professionnel doit être en mesure d'atteindre à court terme. Il représente un niveau de qualité très correct en faveur des utilisateurs,
- enfin, le niveau 3 correspond à l'excellence. L'atteinte de cette étape correspond à une prise en compte permanente et systématique de la satisfaction des besoins des utilisateurs. La qualité est évaluée aussi bien sur le service offert lors du passage sur le site que celui proposé après la visite.
Chaque bonne pratique est classée dans une rubrique thématique, notre exemple est répertorié sous le thème accessibilité. On retrouve plusieurs rubriques qui permettent de cerner et prendre en compte différentes facettes d'un site comme les formulaires, le contenu, la sécurité, ... Dans un réel soucis de transparence et d'assistance, les contributeurs Opquast s'efforcent à fournir pour chaque bonne pratique les objectifs de celle-ci afin d'en comprendre l'intérêt ainsi que les solutions techniques envisageables à l'atteinte de ce critère. On retrouve également sur les fiches détaillées les moyens de contrôle permettant de s'assurer de la conformité ou non d'un service en ligne avec une bonne pratique (cf. Table 1).
Enfin, la liste Opquast peut être filtrée par types de service. Certaines bonnes pratiques sont applicables sur n'importe quel site Web alors que d'autres concernent uniquement le e-commerce, les newsletters ou la syndication.
La communauté Opquast tend donc à fournir un maximum d'aide et d'explications quant à l'utilisation et l'implémentation des bonnes pratiques. Nous étudierons en dernière partie de cet article l'outil de suivi de qualité Mon Opquast et les différents services offerts pour évaluer votre site en ligne. Mais auparavant, voyons quelques bonnes pratiques simples et facilement applicables avec PHP.
Valider certains critères avec PHP
La mise en application des bonnes pratiques peut paraître longue et fastidieuse. Il n'est pas forcément nécessaire de chercher à atteindre un niveau de qualité maximum immédiat, la démarche qualité s'instaure dès la volonté à satisfaire l'utilisateur puis s'intègre de manière progressive. La plupart des bonnes pratiques sont très facilement implémentables, il s'agit surtout d'acquérir le bon réflexe afin de prendre en compte ces critères qualité de façon plus régulière lors de la création d'un service en ligne.
Prenons pour exemple quelques bonnes pratiques applicables facilement avec quelques lignes PHP supplémentaires. On retrouve parmi la liste Opquast des critères de qualité concernant les fichiers en téléchargement. Ainsi les bonnes pratiques n°32 et n°34 proposent d'indiquer à l'utilisateur pour chaque fichier en téléchargement son extension et son poids (cf. Table 2).
| Bonne pratique | Libellé | Objectif |
|---|---|---|
| n°32 | Le format (extension du fichier ou lecteur logiciel) des fichiers proposés en téléchargement est indiqué. | Permettre aux utilisateurs de savoir si leurs outils leur permettent de consulter les fichiers proposés en téléchargement. Réduire la charge serveur en évitant les téléchargements inutiles. |
| n°34 | La taille des fichiers proposés en téléchargement est indiquée. | Informer les utilisateurs sur la quantité de données à télécharger. |
L'utilisation d'un langage serveur pour l'application de ces bonnes pratiques évite d'avoir à saisir manuellement les
informations complémentaires. Avant toute opération, on teste l'existence du fichier avec la méthode
file_exists($file), cela permet d'éviter la présence de lien mort sur le site. Ensuite, l'appel à la méthode
pathinfo($file) fournit un tableau associatif contenant le détail sur le chemin du fichier. La tableau
retourné est composé des informations suivantes :
dirname: nom du répertoire,basename: nom du fichier,extension: extension du fichier.
La taille en octets du fichier est simplement obtenue en employant la méthode file_size($file).
Il conviendra, pour une meilleure lisibilité d'afficher la taille dans une unité adaptée au poids du fichier
(kilo-octet, méga-octet, ...) et d'arrondir le nombre affiché avec la fonction round(). Comme 1024
octets correspondent à 1 kilo-octet, on divise ici la taille retournée par 1024. Voir le code complet sur le listing 1.
Il est à noter que cette méthode ne fonctionne qu'avec les fichiers locaux, pour appliquer ce principe sur des fichiers distants,
consultez la FAQ fichiers et dossiers sur le site developpez.com
(http://php.developpez.com/faq/?page=fichiers).
Listing 1. Afficher le format et le poids d'un fichier en téléchargement :
<?php
// $file contient le chemin d'accès au fichier
$file = "./fichiers/fichier_01.pdf";
// Test de l'existence du fichier
if(file_exists($file)) {
$path_parts = pathinfo($file);
$size_file = round(filesize($file) / 1024);
$info_file = "Format ". $path_parts['extension'] .", ". $size_file ."Ko";
// Affichage d'un lien vers le fichier avec les informations complémentaires
echo '<a href="'. $file .'">';
echo 'Télécharger le fichier ('. $info_file .')';
echo '</a>';
}
?>
Nous venons ainsi de mettre en pratique deux bonnes pratiques de premier niveau. Il en existe une troisième concernant les fichiers en téléchargement (de niveau 2 cette fois-ci) qui recommande l'utilisation de formats dont les spécifications sont publiques, cela pour s'assurer que le fichier puisse être lu depuis différents systèmes d'exploitation (à défaut, il est conseillé de mettre en ligne le fichier sous plusieurs différents).
| Bonne pratique | Libellé | Objectif |
|---|---|---|
| n°8 | Les en-têtes envoyés par le serveur contiennent les informations relatives au jeu de caractères employé. | Permet au navigateur de choisir le bon encodage des caractères pour afficher la page. |
| n°187 | Le serveur envoie l'indication de la langue principale du contenu. | Permettre à un outil d'indexation, de classement, etc. de déterminer la langue de référence de la ressource en question. |
Poursuivons nos exemples avec les bonnes pratiques n°8 et n°187 qui concernent les en-têtes HTTP. Ces deux
critères demandent que la langue et l'encodage du contenu soit spécifiés par le serveur. Bien qu'il soit préférable que
ceci soit directement configuré auprès du serveur afin de s'assurer de sa mise en place sur toutes les pages Web consultables,
du contenu peut également être ajouté aux en-têtes directement en utilisant des langages de scripts côté serveur comme PHP.
Ce cas de figure est intéressant pour les hébergements mutualisés qui n'ont pas la main sur la configuration du serveur ou lors
de la création de progiciels ou logiciels clés en main intégrant la gestion des langues et encodages. Il suffit alors d'utiliser
en PHP la méthode header(string string [, bool replace [, int http_response_code]]).
Celle-ci prend en premier paramètre obligatoire le nom de l'en-tête et en paramètre optionnel un booléen qui indique si
l'en-tête précédente du même nom doit être écrasée (par défaut à vrai). Le dernier paramètre facultatif permet de forcer le code
de réponse HTTP. Les codes HTTP spécifiés par la RFC 2616
permettent d'attribuer un statut à une requête. Parmi les plus connus on retrouve le code 200 qui indique que la requête à été
traitée avec succès, le code 404 pour un document non trouvé ou encore le code 500 pour une erreur interne du serveur.
Sachez qu'il existe un grand nombre de codes, vous pouvez retrouver la liste simplement sur Wikipedia:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_codes_HTTP.
On renvoi alors un en-tête HTTP Content-type qui permet de spécifier la façon
doit le contenu doit être interprété et l'encodage utilisé. Par exemple header('Content-type: text/html; charset=utf-8')
indique que le contenu se présente sous forme de texte simple, qu'il doit être interprété comme du HTML et qu'il est
codé au format UTF-8. Afin de préciser la langue primaire utilisée,
nous devons faire appel à l'en-tête Content-Language, header('Content-Language: fr'). Si la page contient
la même information reproduite sous plusieurs langues différentes, il est possible de toutes les indiquer en les séparant
par une virgule.
Listing 2. Fournir les informations relatives au jeu de caractère et à la langue employée à travers les en-têtes HTTP :
<?php
// L'appel des méthodes header doit s'effectuer avant tout renvoi de contenu
// Spécification de l'encodage
header('Content-type: text/html; charset=utf-8');
// Spécification de la (ou les) langues
header('Content-Language: fr');
?>
En-têtes HTTP, aller plus loin
Retrouvez plus d'informations à propos des en-têtes HTTP et de la spécification des langues et encodages sur le Web :
- http://www.w3.org/International/O-HTTP-charset – Fixer le paramètre HTTP charset (configuration serveur ou language de script) par le W3C,
-
http://www.pompage.net/pompe/doctypecontenttype/ – Les en-têtes
Content-Type, - http://www.w3.org/TR/i18n-html-tech-lang/ - Spécifier le langage dans les contenus HTML, document du W3C en anglais,
- http://openweb.eu.org/articles/specifier_langue/ - Spécifier la langue d'un document HTML.
L'extension LiveHTTPHeaders (http://livehttpheaders.mozdev.org/) pour le navigateur Mozilla/Firefox vous permettra de capturer les en-têtes HTTP afin d'en vérifier leur contenu.
Figure 2. En-têtes HTTP d'Opquast.com capturées avec l'extension LiveHTTPHeaders.
La conformité avec ces deux bonnes pratiques permettra tout d'abord de s'assurer que n'importe quel navigateur Web affichera les pages du site en employant le bon encodage des caractères. Vous éviterez ainsi de montrer à l'utilisateur un contenu dépouillé de tous ses caractères accentués comme c'est parfois le cas sur certains sites Web. L'indication de la langue est un plus pour les utilisateurs de synthèses vocales et l'indexation des pages par les moteurs de recherche et annuaires.
Toutes les bonnes pratiques Opquast sont équivalentes à celles-ci, elles sont généralement assez courtes et indépendamment simples à mettre en oeuvre. Le principal étant au-delà de l'application des bonnes pratiques de comprendre leurs objectifs afin de les utiliser non pas dans une simple optique de validation de niveaux mais dans une réelle recherche de qualité pour la satisfaction de l'utilisateur.
Promouvoir les bonnes pratiques
Vous êtes libre de consulter et d'utiliser les bonnes pratiques pour améliorer la qualité de vos services en ligne. Les contenus et travaux des contributeurs Opquast sont en effet diffusés sous une licence Creative Commons qui en autorise la copie, distribution, réutilisation et modification sous respect de certaines conditions.
Les licences Creative Commons
Les licences Creative Commons constituent un ensemble de licences garantissant la protection des droits de l'auteur d'oeuvre artistique et la libre circulation du contenu de celle-ci. Le but de ces licences est de permettre aux auteurs de contribuer au développement d'un patrimoine d'oeuvres accessibles dans le domaine public.
Opquast a choisi la licence CC-BY-SA qui autorise la reproduction, distribution et communication de la création au public, ainsi que la modification. Le tout en respectant le droit de paternité (citation de l'auteur original) et en publiant les nouvelles créations selon les mêmes conditions.
Plus d'information sur les licences Creative Commons sur http://fr.creativecommons.org/.
Si le projet vous intéresse vous pouvez également y prendre part en qualité de contributeur au sein de l'atelier Opquast. Il s'agit d'un wiki où chacun peut participer en soumettant de nouvelles bonnes pratiques, en participant à leur élaboration et en contribuant à l'évolution des bonnes pratiques existantes.
Les travaux de l'atelier Opquast semblent bien avancer et aboutiront probablement à une nouvelle publication officielle de liste de bonnes pratiques. En attendant, l'équipe nous a offert fin 2006 la seconde version de leur outil de suivi qualité Mon Opquast.
Figure 3. Les bonnes pratiques sont également disponibles en version de poche aux éditions Eyrolles.
Mon opquast
Présentation
Mon Opquast est un outil de suivi de la qualité pour sites Web, celui-ci a été publié pour la première fois en février 2005 après la mise en ligne des bonnes pratiques. L'offre Mon Opquast Perso est gratuite et permet de suivre la qualité de trois projets. Au-delà il existe des solutions professionnelles payantes, nous vous présenterons dans cet article la version gratuite qui déjà couvre un grand nombre de fonctionnalités :
- évaluation de la qualité de plusieurs sites,
- évaluation de la qualité des sites en fonction de vos propres critères,
- suivi de l'avancement des démarches qualité (flux RSS),
- génération de rapports,
- validateur automatique pour un certain nombre de bonnes pratiques,
- système de gestion des tâches,
- ...
La première étape consiste à s'inscrire sur le site Web du projet Opquast (http://mon.opquast.com). Le processus est rapide, une courte minute suffira pour se connecter la première fois à votre compte Mon Opquast. Vous vous retrouvez alors sur un tableau de bord général vous permettant d'accéder à toutes les fonctionnalités de Mon Opquast. Commençons tout d'abord par nous intéresser au coeur de l'outil : l'évaluation de la qualité.
Évaluation d'un projet
Il vous faut au préalable ouvrir un nouveau projet qui sera associé au site Web que vous souhaitez évaluer. Vous pouvez, à ce moment, sélectionner un ou plusieurs services parmi la liste publique des bonnes pratiques Opquast afin de n'avoir à évaluer l'application que sur des critères pertinents. Ainsi, pour l'évaluation du portail PHP Solutions, nous sélectionnons tous les services hormis la syndication qui n'est pas proposée sur le site du magazine (cf. figure 4). Nous choisissons également d'ajouter au projet la possibilité d'évaluer des listes de critères personnalisés.
Figure 4. Création du projet d'évaluation du portail PHP Solutions.
Nous pouvons dès à présent commencer à évaluer la qualité du portail. L'interface de gestion propose la liste de toutes les bonnes pratiques qui concernent le projet. Pour entamer une démarche de validation progressive, il est alors possible de filtrer l'affichage des critères par niveau, secteur, rubrique ou encore en fonction de leur état par rapport au projet (conforme, non conforme, non testé, ...). Nous pouvons par exemple commencer par afficher les bonnes pratiques de niveau 1 qui n'ont pas encore été testées. Il suffit ensuite, pour chaque critère, d'indiquer si le portail est conforme ou non. Il est toujours possible d'accéder à la fiche de la bonne pratique afin d'obtenir des explications quant à son objectif, sa réalisation et les différents moyens de contrôle possibles. Au delà du fait de valider ou non les critères, l'intérêt est bien évidemment de pouvoir corriger les éventuels oublis et erreur présents sur un projet afin d'en améliorer sa qualité.
Figure 5. Validation d'une bonne pratique Opquast.
La mise en ligne de la seconde version de cet outil a dévoilé quelques nouvelles fonctionnalités intéressantes. Il est désormais possible d'intégrer dans le processus d'évaluation de la qualité ses propres listes de bonnes pratiques. Cela rend l'application plus adaptable à vos besoins et aux spécificités de vos services en ligne. Le nombre de critères personnalisés reste cependant assez limité sur la version gratuite.
Bien qu'un grand nombre de fonctionnalités aient été mises à disposition afin d'organiser et hiérarchiser le travail de mise en place de la qualité, la prise en main de l'application et son utilisation restent tout de même assez lourdes. Les bonnes pratiques étant nombreuses, les procédures de validation manuelles le sont tout autant et pourraient ainsi rebuter un bon nombre de développeurs soucieux de se lancer dans l'amélioration de la qualité de leurs services. La liste des critères a valider apparaît très vite comme longue et fastidieuse à compléter. La mise en conformité avec les recommandations n'est pas un travail à accomplir en une seule tâche mais que l'on doit plutôt inscrire dans un processus de réflexion et progression, l'interface de Mon Opquast devrait davantage insister sur ce dernier point. Afin d'alléger le travail de vérification de conformité des bonnes pratiques l'équipe Opquast travaille sur un validateur qui permet de vérifier de façon entièrement automatique le respect de certains critères. Cet outil permet en l'état de tester dix bonnes pratiques considérées comme automatisables. A partir d'une URL donnée, il génère un rapport contenant les résultats de l'analyse. Au delà du retour qui est généré il pourrait être intéressant que ce validateur soit à terme intégré à l'outil de gestion et d'évaluation des projets afin de réduire les validations manuelles et de permettre le suivi automatique du respect des bonnes pratiques au fur et à mesure de l'évolution d'un projet.
Enfin, Mon Opquast propose un grand nombre de fonctionnalités liées à l'évaluation d'un projet. Afin tout d'abord d'en assurer son suivi, des indicateurs montrent le niveau d'avancement général ou par niveau de la mise en application des bonnes pratiques. On peut alors s'assurer du taux d'évaluations restant ainsi que du niveau de conformité atteint. Vous pouvez également exporter vos projets d'évaluation sous différents formats ouverts permettant la création de rapports (PDF, texte) ou de fichiers sous format plus spécifiques comme EARL (technologie en développement au W3C pour la transmission d'information sur des résultats de tests). Il est possible de suivre l'évolution du projet via un flux de syndication spécifique sous format RSS. Depuis quelques mois, Mon Opquast a réussi à devenir bien plus qu'un simple outil de validation de critères, ses nombreuses et nouvelles fonctionnalités lui permettent désormais de gérer des projets complets de mise en place de la qualité.
Gestion de projets
Opquast s'appuie fortement sur le travail collaboratif, ce choix déjà présent au sein de l'atelier des bonnes pratiques se retrouve au sein de Mon Opquast. Vous avez en effet la possibilité d'ajouter des collaborateurs et créer des équipes qui pourront suivre et s'impliquer dans vos différents projets. Un système de gestion de tâches vous permet de planifier et de répartir les différents travaux à réaliser en vue d'une mise en application des bonnes pratiques. Tout comme la déclaration qualité, les listes de tâches sont exportables sous des formats ouverts (ici RSS et vCalendar) afin de pouvoir les consulter depuis d'autres applications.
Figure 6. Gestion des tâches dans Mon Opquast.
Bilan
Mon Opquast est un outil assez complet qui permet d'assister les développeurs dans leurs démarches de recherche de la qualité. En s'appuyant sur les bonnes pratiques l'application s'assure d'un contenu important, de qualité et modulable. L'implication de l'équipe d'Opquast est forte et nous pouvons prévoir que de nouvelles fonctionnalités viennent se greffer à l'outil. Malgré sa jeunesse et quelques petites erreurs de fonctionnements qui peuvent être rencontrées au gré de son utilisation, Mon Opquast s'avère être un excellent outil pour tout webmestre ou développeur désirant satisfaire au mieux ses utilisateurs.
Conclusion
La qualité d'un service en ligne est primordiale mais parfois assez complexe à évaluer tant elle fait appel à des domaines variés. Les bonnes pratiques Opquast sont un support idéal pour tout développeur cherchant à satisfaire ses utilisateurs. Faites le pas, consultez les bonnes pratiques, sans parler de forcément utiliser l'outil Mon Opquast, tentez d'appliquer quelques critères sur vos sites Web et applications en ligne. Faites le pour vos visiteurs, ils verront sans aucun doute une différence dès la mise en application du premier niveau.
Opquast en chiffres
- 153 bonnes pratiques publiées,
- 217 bonnes pratiques étudiées au sein de l'atelier Opquast,
- plus de 8500 utilisateurs,
- 20 sites déclarent avoir atteint le niveau de 3 de qualité.
Sur internet
- http://opquast.com – site du projet Opquast donnant accès à la liste des bonnes pratiques et à l'outil en ligne Mon Opquast,
- http://opquast.org – communauté de travail Opquast où sont élaborées et évoluent les bonnes pratiques,
- http://openweb.eu.org – site de promotion de la qualité à travers l'utilisation des standards Web (tutoriels, articles, outils, ...).