Aurélie RENARD-VIGNELLE, multi-DYS !
Aurélie RENARD-VIGNELLES a 35 ans.
Diagnostiquée de 7 troubles DYS à l’âge de 10 ans, puis d’un TDAH à 30 ans,
elle a fait de son handicap le cœur de son métier : elle est aujourd’hui conférencière et
consultante spécialisée dans l’adaptation des contenus aux personnes DYS.
À l’occasion d’un atelier de sensibilisation qu’elle a animé,
elle a accepté de raconter son parcours.

Multi DYS, un fonctionnement différent
Je m’appelle Aurélie RENARD-VIGNELLES.
Je suis micro-entrepreneure, conférencière,
et comme plus de 7 millions de personnes en France, je suis DYS.
Transcription de la vidéo
Je m’appelle Aurélie RENARD-VIGNELLES, je suis micro-entrepreneuse et comme plus de 7 millions de personnes en France, je suis atteinte de troubles DYS.
Vous connaissez tous la dyslexie dont de grands génies comme Léonard de Vinci ou Einstein étaient atteints. Eh bien comme eux, je suis dyslexique, mais pas que, sinon ça serait trop facile.
Les troubles DYS se sont des handicaps cognitifs invisibles qui occasionnent un dysfonctionnement d’une ou plusieurs parties du cerveau.
Pour ma part j’ai les 7 troubles : la dyslexie, la dysorthographie, la dysgraphie, dyscaculie, la dysphasie, la dyspraxie et les troubles dysexécutifs. Comme beaucoup de personnes DYS, j’ai vécu les difficultés scolaires, la discrimination, le harcèlement, l’incompréhension, la solitude.
Mais grâce au soutien de nombreuses personnes telles que : ma famille, mes amis, certains spécialistes, certains enseignants et professeurs bienveillants, je me suis acceptée telle que je suis : avec mes difficultés, certes, mais surtout avec mes forces.
Grâce à mon handicap, j’ai appris à faire de chacun de mes échecs, une opportunité de m’améliorer. Ainsi suite à la rupture de mon contrat de stage de fin d’études de 2ème année de master en informatique, j’étais plus que motivée. Et j’avais envie de montrer que j’étais capable de travailler, malgré mon handicap encore trop peu connu des recruteurs.
Je me souviendrais toujours de cette phrase qu’une RH m’avait dit au téléphone : « Madame RENARD, vous avez les compétences mais vous êtes trop lente c’est pour ça qu’on ne vous prend pas !!! » C’est ainsi que quelques années après ma première conférence sur les troubles DYS en entreprise, j’ai eu l’éclair de génie. J’ai cette force, cette imagination, cette créativité, cette empathie, cette sensibilité, tous ces supers-pouvoirs qui me viennent de mon handicap à force d’adaptation et de compensation…
Ce jour-là, j’ai donc décidé de créer mon entreprise, dans l’espoir de sensibiliser le plus grand nombre aux troubles DYS. Et de montrer qu’en étant DYS, on peut changer le monde, en innovant grâce aux contraintes que nous imposent nos difficultés. Einstein aurait dit : « Tout le monde est un génie ! Mais si vous jugez un poisson à sa capacité à grimper aux arbres, il pensera toute sa vie qu’il est stupide ! »
Alors valorisons les forces de chaque être vivant sur cette Terre et mettons de côté leurs difficultés ! Ma force ? Mon handicap !
Vous connaissez sans doute la dyslexie :
de grands noms comme Léonard de Vinci ou Einstein en étaient atteints.
Eh bien moi, je suis dyslexique, mais pas seulement. Sinon, ce serait trop facile.
J’ai 7 troubles DYS :
- La dyslexie.
- La dysorthographie.
- La dysgraphie.
- La dyscalculie.
- La dysphasie.
- La dyspraxie.
- Et les troubles dysexécutifs.
J’ai été diagnostiquée à l’âge de 10 ans. 20 ans plus tard, à 30 ans, j’ai reçu un second diagnostic :
un TDAH, un Trouble du Déficit de l’Attention avec Hyperactivité.
Les troubles DYS sont des handicaps cognitifs « invisibles ».
Ils viennent d’un dysfonctionnement d’une ou plusieurs zones du cerveau,
et ils sont durables : ce ne sont ni une déficience intellectuelle ni une maladie qui se guérit.
On ne les voit pas, mais ils sont là, tous les jours, à l’école, au travail, dans la vie quotidienne.
Pour vous donner une idée concrète de ce que ça veut dire,
vivre avec ces 7 troubles DYS :
- La dyslexie
engendre des difficultés en lecture. - La dysorthographie,
des difficultés en orthographe et en conjugaison. - La dysgraphie,
des difficultés à dessiner les lettres. - La dyscalculie
touche les mathématiques, l’arithmétique, la logique. - La dysphasie
est un trouble du langage oral, on peut avoir des difficultés
à comprendre ce qu’on nous dit et / ou à s’exprimer à l’oral. - La dyspraxie
engendre des difficultés de coordination des gestes et d’orientation dans l’espace. - Les troubles dysexécutifs,
moins connus, touchent l’organisation, la planification et la priorisation des tâches.
Ils sont souvent associés au TDAH.

On me demande souvent si le TDAH et les troubles DYS, c’est la même chose. Ma réponse honnête :
Les troubles DYS et le TDAH sont 2 choses différentes, néanmoins ils font partis tous les 2 des troubles du neurodéveloppement.
On peut être DYS et TDAH et être TDAH sans être DYS. Mais les 2 touchent les fonctions exécutives.
« Vous avez les compétences, mais vous êtes trop lente »
Mon handicap, je l’ai vécu de plein fouet dans le monde du travail.
Mon contrat de stage de fin d’études, en 2e année de master en informatique, a été rompu :
j’étais soi-disant « passive » en réunion, alors que j’avais bien expliqué mes troubles à l’employeur
et demandé des aménagements.
On m’avait pourtant dit oui, pas de problème.
Certaines entreprises, malheureusement, ne jouent pas franc jeu.
Malgré cet échec, j’étais plus motivée que jamais : je voulais montrer que j’étais capable de travailler,
malgré un handicap encore trop peu connu des recruteurs.
Je me souviendrai toujours de cette phrase qu’une chargée de recrutement m’a dite au téléphone :
Madame Renard, vous avez les compétences, mais vous êtes trop lente. C’est pour ça qu’on ne vous prend pas.
Cette lenteur, ce n’est pas un manque de volonté.
C’est que, pour une personne DYS, c’est un peu comme si on réapprenait à faire les choses à chaque fois, ou presque. Avec de la rééducation, ça peut s’améliorer.
Mais ça reste une donnée de base à comprendre, pas un défaut à corriger.
Transformer chaque échec en opportunité
Grâce à mon handicap, j’ai appris à faire de chacun de mes échecs une opportunité de m’améliorer.
Quelques années après ma première conférence sur les troubles DYS en entreprise,
j’ai eu ce qu’on pourrait appeler un déclic.
J’ai cette force, cette imagination, cette créativité, cette empathie, cette sensibilité,
et tous ces éléments me viennent justement de mon handicap, de ma capacité d’adaptation et de compensation.
Ce jour-là, j’ai décidé de créer mon entreprise, avec l’espoir de sensibiliser le plus grand nombre,
et de montrer qu’en étant « DYS », on peut changer le monde en innovant
grâce aux contraintes que nous imposent nos difficultés.
J’aime beaucoup cette phrase, qu’on attribue à Albert Einstein
(lui-même soi-disant dyscalculique, dyslexique, TDAH et haut potentiel) :
Tout le monde est un génie.
Mais si vous jugez un poisson à sa capacité à grimper aux arbres,
il passera sa vie à croire qu’il est stupide.
Valorisons les forces de chaque personne, et mettons de côté le jugement sur ses difficultés.
Se mettre à la place d’une personne DYS, le temps d’un atelier
J’ai créé mon entreprise 6foisdys, en 2018.

Dans mes ateliers de sensibilisation, je ne me contente pas d’expliquer : je fais vivre.
Ce que je veux, avec ces mises en situation, ce n’est pas faire pitié.
C’est faire comprendre, de l’intérieur, ce que vivent des millions de personnes,
un Français sur 10, environ 7 millions de personnes en France.
J’ai aussi écrit un livre, pensé pour être accessible au plus grand nombre :
« Moi, neuro atypique, le secret de ma résilience », primé aux « Talentéo Awards 2025 » dans la catégorie rédactionnelle.
Il est disponible en différents formats : ebook, audio et papier.

Mes outils du quotidien
On me demande souvent quels outils j’utilise pour naviguer sur le web ou lire un document.
Le mode lecture, d’abord : celui de Firefox est nettement plus performant que celui d’Edge
pour rendre un contenu accessible, même quand la page d’origine ne l’est pas.

J’utilise aussi Google Lens pour photographier un numéro ou un texte plutôt que de m’épuiser à le déchiffrer.
Et pour certaines choses que je ne comprends pas du premier coup,
je n’hésite pas à demander à ChatGPT, à Gemini ou, tout simplement, à des humains autour de moi.
Ce que je voudrais que vous reteniez
Être DYS, c’est aussi avoir des forces et des qualités :
- Une vision différente du monde.
- De l’imagination (beaucoup de réalisateurs, comme Tim Burton ou Steven Spielberg, sont dyslexiques).
- De la créativité.
- De la persévérance (on représente souvent la persévérance par un lion, parce qu’il lui faut 5 à 7 tentatives avant d’attraper sa proie ; il n’abandonne pas à la première difficulté).
- Du courage.
- Et de l’empathie.
Quelles solutions pour les personnes DYS ?
- De la rééducation (orthophoniste, psychomotricien, etc.).
- Du soutien psychologique (parce que ces troubles peuvent fragiliser la confiance en soi).
- Et des aménagements, à l’école, au travail, au quotidien.
En France, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) peut être demandée auprès de la maison départementale de l’autonomie (MDA), même si les délais sont longs, parfois 9 mois ou plus selon les régions. - Mais surtout : valoriser les forces de la personne, être à l’écoute, être patient (parce qu’être dys, c’est aussi parfois être plus lent) et être bienveillant.
Ça va de soi, mais je préfère toujours le redire.
Je terminerai par cette phrase qui résume tout ce que j’essaie de transmettre : transformons les diversités en opportunités d’innover.



intéressant article qui permet de mieux comprendre la vie en DYS.