L’importance d’un numérique pour toutes et tous, journée mondiale de sensibilisation à l’accessibilité numérique (GAAD)
Le 15 mai 2025 marquera la 14ème édition de la journée mondiale de sensibilisation à l’accessibilité numérique (GAAD site officiel et source de ce billet de blog).
L’accessibilité numérique, c’est la possibilité d’accéder, d’interagir et de participer pleinement à la vie numérique, indépendamment de son handicap.
Mais comment pouvons-nous, en tant que personnes, professionnels et organisations, nous engager à améliorer cette accessibilité ?
C’est ce que nous allons explorer ici.
Qu’est-ce que la GAAD, et pourquoi est-ce important ?
La journée mondiale de sensibilisation à l’accessibilité numérique est bien plus qu’une simple commémoration.
Elle représente une invitation à repenser la manière dont nous concevons les outils numériques.
L’objectif de la GAAD ?
Sensibiliser le plus grand nombre de personnes aux défis rencontrés par plus d’un milliard de personnes handicapées dans le monde lorsqu’il s’agit d’accéder aux informations et services en ligne.
L’événement de cette année a pour but de poser la question suivante : comment faire en sorte que notre monde numérique soit accessible à toutes et tous, sans exception ?
La fondation GAAD : un moteur pour le changement
Créée en 2021, la fondation GAAD célèbre la 14ème édition de cette journée avec un objectif précis : bouleverser la culture technologique et intégrer l’accessibilité comme exigence centrale dans la création de supports numériques.
La fondation est bien consciente que l’accessibilité ne doit pas être un ajout, mais une exigence dès le début de tout projet numérique. L’idée est claire : l’accessibilité ne doit pas être une pensée après coup, mais une composante essentielle du processus de conception.
Accessibilité numérique : ce que cela signifie réellement

Quand on parle d’accessibilité numérique, on fait référence à la capacité pour les personnes handicapées de consulter et d’interagir de manière autonome avec des supports numériques (sites web, applications mobiles, documents bureautiques, etc.).
Cela inclut une gamme d’adaptations, telles que des descriptions textuelles pour les images, des sous-titres pour les vidéos, ou encore des interfaces compatibles avec des outils de saisie alternatifs comme les claviers adaptés ou le contrôle oculaire.
En d’autres termes, il ne s’agit pas seulement de rendre un site « joli » ou « fonctionnel ».
Il s’agit de permettre à chaque personne, quelles que soient ses capacités, d’accéder à l’information de manière fluide et intuitive.
L’état actuel de l’accessibilité : des progrès, mais des lacunes majeures
En 2025, le rapport WebAIM a analysé un million de pages d’accueil de sites web pour détecter les défauts d’accessibilité. Les résultats restent alarmants.
Parmi les constats :
- 94,8 % des pages d’accueil comportaient au moins un échec des directives WCAG 2.2.
- 51 erreurs en moyenne par page d’accueil.
Les causes les plus courantes de ces échecs ?
- Texte à faible contraste (79,1% des pages)
- Texte alternatif manquant pour les images (55,5% des pages)
- Étiquettes de saisie de formulaire manquantes (48,2% des pages)
Ces erreurs, bien que souvent invisibles pour ceux qui n’ont pas de déficiences, peuvent rendre un site web inutilisable pour une personne ayant une déficience visuelle, auditive, motrice ou cognitive.
Mais comment avons-nous pu en arriver là ?
Les personnes concernées : plus de 1 milliard de personnes dans le monde
Pour nous rappeler l’enjeu humain, il suffit de penser à cette réalité : plus d’un milliard de personnes dans le monde vivent avec une forme de handicap.
Parmi elles :
- Les personnes aveugles ou malvoyantes dépendent des technologies d’assistance comme les lecteurs d’écran pour naviguer sur le web, par exemple.
- Les personnes sourdes ou malentendantes ont besoin de sous-titres ou de transcriptions notamment pour consulter des vidéos.
- Les personnes ayant des déficiences motrices utilisent des dispositifs comme des souris et clavier alternatifs, contacteurs ou des commandes vocales pour interagir avec leurs appareils.
- Les personnes ayant des troubles cognitifs bénéficient d’interfaces simplifiées et de contenus clairs, utilisant un langage accessible et une navigation intuitive.
Chaque jour, des millions de personnes sont confrontées à des barrières qui les empêchent de participer pleinement à la société numérique. Mais ces obstacles ne sont pas insurmontables.
Et c’est là que l’accessibilité numérique entre en jeu.
Ce que nous pouvons faire : créer du numérique pour toutes et tous
Alors, que pouvons-nous faire, en tant que designers, développeurs, ergonomes, ou tout simplement personnes citoyennes engagées, faire pour améliorer l’accessibilité ?
- Prendre conscience des obstacles : la première étape est de comprendre les difficultés rencontrées par les personnes handicapées. Elle touche tous les aspects de la navigation et de l’interaction sur le web.
- Faire de l’accessibilité une priorité dès la conception : l’accessibilité ne devrait pas être un critère ajouté à la fin du processus de développement. Elle doit être intégrée dès la phase de conception.
- Utiliser des outils de validation d’accessibilité : des outils comme le WAVE (Web Accessibility Evaluation Tool) est un de ces outils, développé par WebAIM ou les tests de contraste peuvent vous aider à identifier les erreurs d’accessibilité sur vos sites web.
- Sensibiliser et former les équipes : les formations sur l’accessibilité numérique doivent être une priorité dans toutes les entreprises travaillant dans la technologie. Cela permet d’inclure une approche plus inclusive dans chaque projet.
- Adopter les règles des WCAG : les Web Content Accessibility Guidelines (WCAG) sont des lignes directrices qui aident à rendre le contenu web accessible. En respectant ces règles, nous faisons un grand pas vers un web plus inclusif.
Conclusion : pas seulement un défi technique, mais un enjeu sociétal
L’accessibilité numérique ne doit pas être perçue comme une contrainte technique ou une simple “checklist”. C’est un enjeu social et humain.
Parce qu’offrir un accès égal pour toutes et tous à l’information et aux services numériques, ce n’est pas juste une question de technologie. C’est une question de respect des droits fondamentaux de chacune et chacun, peu importe ses capacités.
Parce qu’un monde accessible, c’est un monde plus juste.
Vous êtes prêt à participer à ce changement ?
L’équipe Ideance
Article publié par
Ingrid LefèbvreSpécialisée dans la prise en compte du handicap, l'aménagement de poste, la formation, la sensibilisation depuis 25 ans.


